Koudede est né à Arlit, dans le Nord du Niger, entre les contreforts du massif
de l’Aïr et les sables du Sahara, dans la poussière des mines d’uranium… ses
grands-parents le cachent quand les autorités veulent enregistrer les enfants
pour les scolariser… Il n’ira jamais à l’école...

Il a 13 ans en 1990, quand après un carnage, les touaregs prennent les armes et
les pick-up pour affronter les pouvoirs centraux au Mali et au Niger. Changer
les roues des bagnoles, dormir sur les sièges de mitrailleuse, échapper aux
expéditions punitives et apprendre la guitare… Koudede fuit en Algérie, en
Libye, dégote une vraie guitare et joue pour les réprouvés, les réfugiés et les
copains restés dans le sable… Des chansons de rebelles.

En 1996, c’est la paix, et « The source » fait le tour du monde. Il se met en
quête de la vraie musique, celle des campements, rythmée par les tende et
l’imzad, percus et violon… Les femmes tapent des mains, les youyous retentissent dans la montagne, Koudede enregistre et adapte tout ça quand il accompagne des groupes pour animer les baptêmes et les mariages.

Pendant ce temps là, les Ichoumar, ces guitaristes rescapés de la rébellion,
essaiment un peu partout en pays touareg. Tout le monde accompagne tout le
monde, même
Ali Farka Touré (paix à son âme) en engage. Parce que l’instrument traditionnel à cordes (3 cordes), la Tehardent, reste l’apanage des griots, on le remplace par des guitares. Les groupes électrogènes volés à l’armée libyenne apportent l’électricité. Mais le thé se fait toujours sur du charbon et la
kalachnikov reste à portée de main…

Koudede les connaît tous, il a fait tous les festivals, écumé le désert avec
les Jimi Hendrix des sables, joué pour les riches comme pour les pauvres, les
bons comme les mauvais… Le touareg reste un touareg, sa seule préoccupation est de ne pas sécher au détour d’une dune, là où même les corbeaux ne s’aventurent pas…

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